Le Désarmement nucléaire avec ICAN et Pugwash France

Salle Dussane, Lundi 15 janvier, 20h30

lundi 15 janvier 2018

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Le cas de conscience des scientifiques face à l’arme nucléaire et leur responsabilité sociale,
Quelles conséquences aujourd’hui et quelles actions pour en sortir.

Pour la seconde conférence du cycle sur la responsabilité sociale des scientifiques, nous invitons en salle Dussane à l’ENS lundi 15 janvier prochain les mouvements Pugwash et ICAN. Pugwash, représenté par Nicolas Delerue, physicien, viendra nous présenter une perspective historique de la mise au point de l’arme atomique du point de vue des scientifiques : Quelles étaient leur motivation, leurs intentions, quelles réactions ont-ils eues après les explosions nucléaires ? Un cas de conscience du scientifique face à la portée destructrice de son œuvre.
Les implications actuelles de la possession de l’arme atomique seront discutées par Dominique Lalanne, physicien et représentant d’ICAN France. Qu’est-ce que l’armement nucléaire aujourd’hui en France ? Que se passe-t-il aujourd’hui si une bombe nucléaire explose dans notre pays ?

Pugwash est un mouvement issu de la Conférence Pugwash, née de la volonté des universitaires d’alerter sur le danger des armes de destructions massives. L’International Campaign to Abolish Nuclear weapons (ICAN) est une coalition d’ONG lauréate du prix Nobel de la paix 2017 pour la signature à l’ONU du traité d’interdiction des armes nucléaires.

Compte-rendu de la conférence

Les documents présentés sont disponibles ici :

Discours d’introduction par Jacques Bordé, Vice-Président de Pugwash-France

Lien entre la « responsabilité des scientifiques et le désarmement nucléaire »
Pourquoi les scientifiques devraient-ils se sentir responsables du désarmement plutôt que se sentir responsables de fournir à la France l’arme la plus puissante possible pour assurer sa sécurité ?

Après tout, au départ, Einstein a pensé que sa responsabilité était d’écrire à Truman pour lui dire qu’on pouvait fabriquer une bombe atomique puis, quinze ans plus tard, que la responsabilité des scientifiques était de ne pas en construire. On peut donc légitimement se poser aujourd’hui la question de savoir si un comportement responsable des scientifiques serait plutôt d’aider la France à améliorer sa bombe ou, au contraire, à œuvrer pour un monde sans armes nucléaires.

Pour y voir clair, il faut invoquer le but le plus fondamental des hommes au service de la recherche scientifique et de l’avancée des connaissances : ce but est de comprendre le monde et la façon dont il marche afin de protéger l’humanité de ce qui pourrait menacer sa survie : les catastrophes naturelles, les famines, les maladies,…. Si un péril est en vue, c’est le devoir de la science de trouver les connaissances nécessaires pour l’écarter et, si la science fait des découvertes dont les applications peuvent mettre en danger l’avenir de l’humanité, c’est aussi le devoir des scientifiques de s’atteler à trouver les parades pour que la science apporte in fine davantage de bienfaits que de méfaits à l’humanité.

Et l’intérêt de l’humanité dans son ensemble est mis au-dessus des intérêts particuliers d’un groupe, et des intérêts économiques ou idéologiques qui ne serviraient pas à forger un avenir meilleur pour l’humanité mais aideraient seulement une minorité à dominer ou exploiter le reste des hommes. Bien sûr, les scientifiques peuvent travailler au service d’intérêts économiques nationaux ou au service de la défense de la patrie, mais seulement si cela ne compromet pas l’avenir de l’humanité dans son ensemble, ni l’avènement d’un monde plus juste.

En 1940, Einstein voyait la bombe atomique comme la solution au péril pour l’humanité que représentait le nazisme au cas où Hitler aurait eu la bombe en premier, et le devoir des scientifiques était de permettre de battre Hitler. Mais la découverte de la bombe A a mené à celle de la bombe H qui s’est révélée être une menace pour la survie de l’humanité entière. La science a donné aux hommes le moyen de s’autodétruire et il faut évaluer en face si les bienfaits de posséder cette arme excèdent le risque de déclencher cette catastrophe irrémédiable. Face à ce risque, les tenants de l’armement nucléaire nous disent que la terreur qu’il engendre nous garantit la paix, car aucun pays ne voudra déclencher une guerre devant le risque d’anéantissement total.

La responsabilité des scientifiques est alors d’examiner soigneusement si cette promesse de paix éternelle contrebalance bien le risque de fin de l’humanité et s’il n’y a pas de meilleure solution, moins risquée, pour atteindre la paix. Leur responsabilité est de chercher cette solution plus satisfaisante : tant qu’on n’a pas pu prouver que les bienfaits de l’armement nucléaire excédaient ses méfaits possibles (la mort de l’humanité), la seule voie responsable pour les scientifiques est d’œuvrer à trouver la meilleure façon de revenir à un monde sans armement nucléaire, et de créer les conditions politiques, économiques et scientifiques d’un désarmement nucléaire réussi. "

Première partie par Dominique Lalanne

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Deuxième partie par Nicolas Delerue

Diapos

Affiche de la conférence