Nouvelle colonie sur Ulm

Les abeilles reviennent sur les toits

samedi 13 janvier 2018

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Ce mois de janvier 2018 marque le retour des abeilles sur Ulm ! En effet Écocampus a eu le plaisir de réceptionner une ruche donnée par le père de Louise Galamez le samedi 13 janvier.

Une colonie qui a voyagé

Cette ruche (et ses occupantes !) nous vient du Nord et a voyagé en voiture en restant à température « hivernale » pour ne pas déranger les abeilles durant leur hivernation [1].

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Arrivée sur Ulm
La ruche provient de la région de Lille, Nord, Hauts-de-France.

Installation sur le toit du bâtiment Érasme

Nous avons réfléchi à l’emplacement. Les ruches d’Écocampus furent, dans le temps, installées en cour Pasteur alors que celles des apiculteurs·trices professionnel·le·s sur Ulm étaient sur les toits.

Comparaison des deux emplacements
Cour PasteurToit (Érasme 4)
Avantages
  • accessibilité pour les activités pédagogiques et de sensibilisation
  • visible par la communauté normalienne
  • eau du potager à proximité
  • endroit isolé donc assez calme
  • ensoleillement important : réveil précoce de la colonie
  • plantes mellifères des bacs jardinés
Inconvénients
  • dérangements plus fréquents de la colonie
  • tension avec les voisin·e·s
  • forte humidité
  • vent parfois fort
  • température importante en été : dépense énergétique des abeilles pour le refroidissement

Nous avons décidé de placer cette nouvelle ruche sur le toit, en accord avec la charte conclue avec l’administration de l’École.

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Installation sur le toit
Le club ruche écoute les conseils de M. Galamez.

Concernant l’exposition, le trou d’envol est orienté Sud-Est pour permettre le réchauffement matinal de la ruche.

Des types de ruches

Cette nouvelle ruche est une pastorale Dadant 10 cadres, c’est-à-dire qu’elle possède 10 cadres dans le corps — la partie basse toujours présente et qui abrite le couvain, lieu de ponte eet d développement des larves — et 9 cadres dans les hausses — étages supplémentaires ajoutés lorsque la colonie stocke du miel.

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Comparaison de l’avant des deux types de ruches
La ruche Warré est à gauche, la Dadant à droite.

Précédemment nous hébergions les abeilles en ruche Warré avec barrettes fixes, bien différente de la Dadant. Cette dernière est bien plus commune en apiculture de production et permet d’obtenir des volumes importants de miel. Cependant contrairement à nos ruches Warré, la Dadant ne possède pas de vitres d’observation donc les visites réclament plus facilement l’ouverture de la ruche. Aussi l’intérieur est bien différent : la gestion en Dadant se fait en cadre plein, que l’on met souvent à disposition de la colonie déjà en cire alors que la Warré laisse construire les rayons aux abeilles et ceux-ci ne s’accrochent qu’à des barrettes inamovibles.

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Comparaison de la facade arrière des deux ruches
La Dadant est à gauche ; la Warré à droite, ses vitres d’observation sont découvertes.

Sous-espèce ou races d’abeilles ?

Il existe plusieurs sous-espèces de l’abeille européenne Apis mellifera. Le rang taxinomique [2] « sous-espèce » est celui directement inférieur à l’espèce et distingue un groupe d’individu qui est ou a été reproductivement isolé des autres mais qui peut toujours se reproduire avec ceux-ci. Pour les abeilles on distingue aussi les races — équivalent des variétés des végétaux mais pour les espèces animales — qui sont des obtentions sélectionnées artificiellement (par l’espèce humaine), un exemple est l’hybride Buckfast connu pour sa forte productivité en miel.

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Premier envol de la colonie
Il semble s’agir d’abeilles noires. Elles sont vite rentrées après cette première sortie.

Dans notre cas il semble que l’abeille de la colonie est une abeille noire Apis mellifera mellifera, la sous-espèce indigène : présente (encore ?) de manière sauvage en France. Nous en sommes très content·e·s car cette abeille est reconnue pour sa rusticité et résistance aux parasites.

Suite des opérations

À ce stade, la colonie est sur le toit et les abeilles peuvent sortir par la grille du trou d’envol (conservée pour prévenir une entrée de rongeur). En cette saison hivernale les abeilles forment une grappe d’hivernage qu’il serait malvenu de déranger donc la première ouverture de la ruche se fera plus tard (il faisait 5 °C lors de l’installation). Un éventuel nourrissage peut se faire au printemps, avec du sucre candi, en fonction de l’état de la colonie.

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Ruche à l’issue de l’installation sur le toit
On voit qu’un grand dégagement est ménagé devant le trou d’envol ; la ruche fut par la suite surélevée pour une meilleure aération du corps.

Des nouvelles à venir bientôt de la part du club ruche, assez populeux cette année !


[1l’hivernation (et non hibernation !) est l’état métabolique associé à une hypothermie modérée : les abeilles forment durant l’hiver une grappe abritant la reine en son centre. Des mouvements périphérie – centre leur permettent de se réchauffer régulièrement. Pendant cette saison la colonie consomme le miel stocké l’année précédente et ne se renouvelle pas : il y a arrêt de la ponte.

[2parfois écrit taxonomique les rangs taxinomiques sont les étages de la classification des êtres-vivants (par exemple : domaine, famille, genre, espèce, sous-espèce, etc.). La systématique moderne utilise les liens de parenté pour définir les rangs taxinomiques, on parle de classification phylogénétique.