Éditorial

mardi 9 juillet 2013

Accueil > l’Apériodique - publication de l’association > Printemps 2013 – Biodiversité > Éditorial

Éditorial

La biodiversité ? C’est un bien grand mot. On en entend parler partout, mais sait-on seulement ce que c’est ? Difficile de la définir n’est-ce pas ? Est-ce que votre livre de photographie Nature est représentatif de la biodiversité ? On y voit plein d’animaux, de plantes, de champignons qui ne se ressemblent pas. D’ailleurs on n’y voit pas les bactéries, les lombrics, les mouches. Ah non pas de ça ! C’est dégoûtant ! Pourtant si ces êtres n’existaient pas, l’aigle royal, le « Big Five », l’arbre du voyageur et nous-mêmes ne serions pas là. C’est facile à comprendre, ils complètent les cycles du carbone, de l’azote qui nous amènent nos nutriments et recyclent nos déchets.
Alors la biodiversité c’est aussi ces petites bêtes ? Les insectes de nos jardins, les oiseaux de nos villes (car il y en a), les vers de nos composts ? Et bien oui. C’est la biodiversité ordinaire. Et les autres ils ne servent à rien ? Au contraire, mais ils ne font pas tout : ces gros animaux et ces plantes tropicales c’est ce que l’on appelle la biodiversité remarquable.
Chacun de ces êtres n’est rien seul, ce sont ses interactions avec le reste de cette « trame du vivant » comme l’appelle Robert Barbault (directeur du département Écologie et gestion de la biodiversité du Muséum national d’histoire naturelle) qui constituent réellement la diversité de notre globe. La biodiversité n’est pas l’ensemble du vivant, c’est l’ensemble des processus régis par le vivant, comme chaque individu interagit avec son voisin et construit ainsi un système d’interconnexions. James Lovelock a proposé [1] que la Terre peut être considérée comme un organisme unique : Gaïa. Cette proposition est discutable mais montre bien l’importance de chaque partie du réseau et voilà où réside la biodiversité. Un peu difficile à représenter, un tas de flèches partant dans tous les sens. Mais si on en retire quelques unes, tout s’écroule.
Alors que faire ? Chercher quelles interactions il ne faut surtout pas toucher ? Écarter la Nature de nous à l’aide de barrières législatives ? Ou au contraire la rapprocher en apprenant à vivre avec, en rétablissant ces mêmes interactions que nous avions et avons toujours avec elle ? À vous de vous faire votre idée. Mais en regardant par votre fenêtre vous verrez peut-être une petite bête dont vous ne soupçonniez même pas l’existence, mais qui pourtant est un voisin qui vous rend de nombreux services.

David Rozen,
chargé des questions relatives à la biodiversité à Écocampus.


[1James Lovelock, La Terre est un être vivant, l’hypothèse Gaïa, Flammarion, 1979.