Éditorial

dimanche 3 mars 2013

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Éditorial

« L’avenir est comme le reste, il n’est plus ce qu’il était »

Cette idée de Paul Valéry s’applique si bien en matière d’énergie ! Le pétrole, notre principale source d’énergie, jusqu’alors sans cesse plus disponible, voit sa production plafonner, avant d’entamer une inexorable décroissance, et ses substituts fossiles vont suivre une évolution comparable. Pire, c’est une double problématique qui s’offre à nous : trouver une solution de substitution au pétrole doit se faire tout en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre pour chercher à limiter les dérèglements climatiques. Résoudre un des deux problèmes seul (la limitation des énergies fossiles, ou la gestion des gaz à effet de serre) n’est pas simple, mais reste un jeu d’enfant face à la combinaison des deux.

Commencer à s’intéresser à ce sujet, c’est se retrouver face à un problème d’actualité, dont on parle peu, qui semble planétaire, dans une situation d’urgence et auquel il n’existe pas de solution simple. Parcourir une centaine de pages du livre de Jean-Marc Jancovici, Le plein s’il vous plaît [1], et en ressortir transformé. C’est d’abord inquiétant, démoralisant, puis ça en devient fascinant, en prenant conscience de l’immense chantier qui s’offre à nous et de tout ce que nous avons à construire. Chacun va devoir apprendre à vivre avec une énergie, presque illimitée aujourd’hui, qui va sans doute devenir moins accessible dans quelques années, à moins d’une avancée scientifique majeure et rapide (ce qui est pour le moins peu probable). Que pouvons-nous faire aujourd’hui, à notre échelle, pour aider à une évolution que nous voudrions tous rendre la plus douce possible ?

C’est cette motivation qui guide Écocampus dans ses différentes actions en lien avec l’énergie, en cherchant à agir aux différents niveaux où cela est possible : par des actions de sensibilisation à l’égard de ceux qui nous entourent, étudiants et administration, en particulier grâce à une visite interactive de l’Ens, durant laquelle vous oublierez votre perception de la lumière visible pour la remplacer par celle d’une caméra thermique (voir notre dossier dans ce numéro). En incitant les gens à adopter des gestes simples (couper les radiateurs avant de partir en vacances, pas seulement éteindre la lumière !), mais aussi en abordant des sujets de fond, comme lors de la conférence organisé en partenariat avec le groupe « Critique et Radicalité » sur la décroissance (en présence de Daniel Tanuro, Jean-Luc Pasquinet et Yves Cochet).

Au cours des prochains mois, nous vous proposerons d’autres éléments de réflexion, lors de différents événements. Tout d’abord une conférence sur un thème lié à notre approvisionnement énergétique : le pic pétrolier, réduire notre dépendance au pétrole, les énergies alternatives, etc., une conférence sur le thème du nucléaire (les déchets, les aspects sociaux), et notre participation à The Big Conf’ [2], une conférence de vulgarisation de la problématique énergétique et environnementale, destinée à tous, animée par des étudiants et organisée simultanément dans une centaine d’établissements français (universités et grandes écoles). Si le programme de cette dernière conférence est connu, les intervenants et les thématiques exactes des deux autres ne sont pas définitivement arrêtés, votre avis nous intéresse !

Aymeric Dieuleveut,
chargé des questions énergétiques à Écocampus.


[1Le plein s’il vous plaît, la solution au problème de l’énergie, Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, Seuil, 2006.